Au travers des Rencontres d’Été, la librairie Planète Io entend offrir à celles et ceux qui le souhaitent la possibilité de s'extraire du flot des opinions conformes de notre époque et d'ouvrir un temps de réflexion collectif sous une forme inhabituelle : durant trois jours, Penser l'Actuel, ensemble et autour d'une figure intellectuelle contemporaine.
Nous recevons cette année Eric Hazan, écrivain, fondateur et gérant des Éditions La Fabrique.
Nous souhaitons, mettre en exergue et en préambule aux débats que nous aurons, ces deux phrases simplement pertinentes à nos yeux, extraites de "Premières mesures révolutionnaires", coécrit par Eric Hazan et Kamo :
"L’ordre existant, ce scandale permanent et mondial, ne répond plus à personne, ni de rien.
Il a renoncé à tout argument, hormis celui de la force."
(Éditions La Fabrique, septembre 2013)
"Le vent de la révolte parcourt le monde" ajoutent-ils, et au vu du printemps de cette année, des manifestations de rue, des nuits debouts, du rôle de la police et des médias, de la délégitimation croissante des représentations politiques traditionnelles, nous ne sommes pas loin d'en douter !

–--PROGRAMME---

-Jeudi 25 Août :
17h30, accueil autour d’un thé
18h-20h, premières approches de la pensée d'Eric Hazan 
20h, apéritif offert par la librairie
-> possibilité de dîner dans la cour de la librairie ou aux alentours

-Vendredi 26 Août :

10h30-13h, échanges, prise de risque et de pensée entre participant-e-s et l’invité
13h, buffet proposé sur place par Malek, l'ami syrien
15h-18h, reprise des discussions

L'après-midi sera entrecoupée de respirations musicales avec la chanteuse lyrique vénézuélienne Maria-Fernanda Ruette, de lectures de textes parus aux éditions La Fabrique par Chloé, comédienne, et d'interventions poétiques du conteur-comédien Philippe Languille

18h30, apéritif offert par la librairie
-> possibilité de dîner dans la cour de la librairie ou aux alentours

-Samedi 27 Août :

11h, poursuite des discussions et conclusions avec Eric Hazan
13h, apéritif offert par la librairie
-> possibilité de pique-niquer sur place

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Lieu des Rencontres :

Maison de quartier de Villejean, 2, rue de Bourgogne, 35000 Rennes (m° Villejean-université)
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Depuis 2000, les Rencontres d’Été ont été traversé par :
Françoise Colin et Louis-Georges Tin, Mathieu Potte-Bonneville et Pierre Zaoui, Maurizio Lazzarato, Yves Charles Zarka, La revue Mouvement, Michel Surya et Gilles Clément, Jacques Ranciere, Charlotte Nordmann, Alain Brossat et François Dufour, Frédéric Neyrat, Jean-Paul Dollé, Anselm Jappe, Marc Zamora et Nic Görtz, Genevieve Fraisse, Jean-Paul Galibert et Jean-Loup Amselle.
La plupart des affiches sont visibles sur le site de la librairie Planète Io.


Lundi 27 juin 2016, 18h00, librairie Planète Io : Nathalie Bénézet présente son livre "Les moissons de l'absence"

Paru en ce joli mois de mai aux éditions du Chèvrefeuille Etoilée, "Les moissons de l'absence" est une fiction qui "s'interroge sur l'absence, ce qu'elle contient, ce qu'elle freine, ce qu'elle fait éclore". Le récit se construit autour du personnage de Guilhem Pavel, élu au conseil municipal, qui découvre un manuscrit prêt à sombrer dans l'oubli après la mort de son auteur, un SDF de Villeneuve-lès-Maguelone.


Mercredi 15 juin 2016, 18h30, librairie Planète Io : lectures et discussions ouvertes d'"Imperium - Structures et affects des corps politiques" de Frédéric Lordon, avec Mathias Poirier

Publié au mois de novembre de 2015 aux éditions La Fabrique ce texte a déjà fait couler beaucoup d'encre, en voici la quatrième de couverture :
"Que faire des idéaux que sont l’internationalisme, le dépérissement de l’État et l’horizontalité radicale ? Les penser. Non pas sur le mode de la psalmodie mais selon leurs conditions de possibilité. Ou d’impossibilité ? C’est plutôt la thèse que ce livre défend, mais sous une modalité décisive : voir l’impossible sans désarmer de désirer l’impossible. C’est-à-dire, non pas renoncer, comme le commande le conservatisme empressé, mais faire obstinément du chemin. En sachant qu’on n’en verra pas le bout.
Les hommes s’assemblent sous l’effet de forces passionnelles collectives dont Spinoza donne le principe le plus général : l’imperium – « ce droit que définit la puissance de la multitude ». Cet ouvrage entreprend de déplier méthodiquement le sens et les conséquences de cet énoncé. Pour établir que la servitude passionnelle, qui est notre condition, nous voue à la fragmentation du monde en ensembles finis distincts, à la verticalité d’où ils tirent le principe de leur consistance, et à la capture du pouvoir. Il ne s’en suit nullement que l’émancipation ait à s’effacer de notre paysage mental – au contraire ! Mais elle doit y retrouver son juste statut : celui d’une idée régulatrice, dont l’horizon est le communisme de la raison."


Samedi 11 juin 2016, 16h00, librairie Planète Io : Danièle Mischlich nous présente et commente « Savez-vous goûter les algues ? »

Nous recevons à nouveau Danièle Mischlich, médecin, spécialiste en santé publique,qui coordonne et renouvelle le succès de la collection « Savez-vous goûter ? » avec ce nouvel ouvrage, paru ce mois-ci aux éditions de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique.
Comme il est proposé dans le titre, il s’agit de découvrir, par le biais de recettes abordables, les saveurs et les propriétés nutritives des algues au travers d’analyses croisées de spécialistes, de médecins et bien entendu de chef-fe-s étoilé-es ou non. 
Le livre s’adresse ainsi à toute personne curieuse, concernée par la cuisine, les enjeux de l’alimentation ou la promotion de la santé, l’ensemble étant agréablement illustré des photographies de Tugdual Jégou.


Vendredi 10 juin 2016, 18h00, librairie Planète Io : avec Pierre Douillard-Lefèvre

Pierre Douillard-Lefèvre a perdu l'usage d'un oeil à 16 ans, touché par un tir de LBD 40 lors d'une manifestation lycéenne en 2007. Il relate son "expérience" dans un livre "L'arme a l’œil" paru aux éditions du Bord de l'eau en mai de cette année.
Il dissèque la dynamique de l'arsenal policier en étudiant d'abord son histoire et la manière dont progressivement de nouvelles armes se sont imposées puis, en recensant les dommages provoqués par ces armes et, enfin, en soulevant les grands enjeux politiques, économiques et internationaux qu'implique la reconfiguration du maintien de "l'ordre public" de ce début de siècle".
La blessure de Pierre Douillard-Lefèvre n’est ni une « bavure «, ni un accident, elle est le produit d’une logique structurelle qui s’inscrit dans un processus d’impunité généralisée et de militarisation de la police en germe depuis deux décennies. Sur fond d’hégémonie culturelle des idées sécuritaires, la police française se dote de nouvelles armes sous l’impulsion des gouvernements successifs : taser, grenades, flashballs, LBD. On tire à nouveau sur la foule. D’abord expérimentées dans les quartiers périphériques, puis contre les mobilisations incontrôlables, les armes de la police s’imposent aujourd’hui potentiellement contre tous. 
« En blesser un pour en terroriser mille », telle est la doctrine des armes de la police. Cet essai passe en revue l’armement de la police pour comprendre ce que les armes disent de notre temps, quelles sont les logiques politiques qu’elles suggèrent, au-delà des spécificités françaises d’un maintien de l’ordre présenté comme irréprochable.

http://www.streetpress.com/sujet/1463673775-Nantes-interdit-manifestation-Pierre-Douillard-Lefèvre

la minuscule galerie a le plaisir de vous présenter

Petite bouture du Projet Pilot
de
Elsa Quintin  & Antoine Martinet


Du 10 mai au 14 juin
vernissage le jeudi 12 mai à 19h


En attendant voilà le site du Projet Pilothttp://leprojetpilot.tumblr.com/


Mercredi 1er juin 2016, 18h30, librairie Planète Io : lectures et discussions ouvertes du "Capitalisme, désir et servitude - Marx et Spinoza" de Frédéric Lordon, avec Mathias Poirier

Dans ce livre, paru aux éditions La Fabrique en 2010, Frédéric Lordon se penche sur le centre nerveux du capitalisme : le rapport salarial. Il l'envisage de manière marxiste, c'est-à-dire comme configuration des structures sociales et, moins classiquement, d'un point de vue spinoziste : quels sont les affects qui font fonctionner ces structures ? Comment rendre les dominés heureux ? Que veut dire consentir ? Qu'entend l'entreprise par "motivation", "réalisation de soi", "épanouissement au travail" ? Comment certains salariés en viennent-ils à faire cause commune avec le Capital ?
Lordon nous le montre avec brio : le projet capitaliste est un projet de possession intégrale des âmes, des intériorités. Le totalitarisme est son stade ultime.
Lordon rouvre une porte vers une réponse communiste à l'entreprise : "une vie humaine"...


Jeudi 26 mai 2016, 18h30, librairie Planète Io : lecture publique de "Paris est une fête" d'Ernest Hemingway par Roberte Tual et Françoise Raynaud, danseuses et chorégraphes au sein de la compagnie Fabrik 345

Ecrit dans les roaring twenties, publié dans les années cinquante, vendu à tour de bras depuis les attentats parisien du 11.2015, on a attribué au texte d'avoir forgé le terme de "génération perdue", ces écrivains américains, dont l'excellent John Dos Passos, qui décrivent avec une langue nouvelle, un monde nouveau, bouleversé par l'industrialisation désormais dominante, les conséquences de la première guerre mondiale et du krach financier de 1929. Pour autant, Hemingway dévoile également un Paris de l'entre-deux-guerres où beaucoup choisissent avec enthousiasme la bohème plutôt que la carrière...


Jeudi 28 avril 2016, 18h, librairie Planète Io : Jean-Yves Mollier présente son passionnant  "Une autre histoire de l'édition française" paru en 2015 aux Éditions de La Fabrique

En douze chapitres foisonnants d’informations et d’analyses, condensés en 450 pages, Jean-Yves Mollier retrace l'histoire depuis les origines de l'édition française mais se consacre moins aux détails de la bibliographie matérielle qu’aux structures administratives, commerciales et financières des différentes maisons jusqu'aux hégémoniques GAFA.
Une "autre" histoire parce qu'elle est insérée dans l’évolution de la société dans son ensemble, son économie, sa culture, ses révolutions, ses guerres, etc., évolution dans laquelle les rapports avec les pouvoirs en place prennent une importance décisive pour les éditeurs.
Si Jean-Yves Mollier manifeste sans ambiguïté son adhésion à la fonction de l’éditeur, "celui sans lequel les textes ne deviendraient jamais des livres", il le décrit également soumis au pouvoir et franchement réactionnaire en temps de troubles : "Lors de la Commune de Paris, la plupart des éditeurs quittèrent la ville et participèrent sans état d’âme au lynchage médiatique qui suivit son écrasement." Quant à leur attitude au cours de la dernière guerre, elle est sans ambiguïté : "Tous avaient expurgé leurs catalogues avant même que les Allemands ne les y invitent".


Mardi 26 avril, 18h, librairie Planète Io : nous recevons Annie Coll, professeur de philosophie à Dinan, et son livre "Pour en finir avec le loup libéral" (Éditions de L'Harmattan, 2016)
 

Le loup dont il s'agit, c'est le loup de Wall Street, le loup prédateur qui affame près d'un milliard d'hommes, responsable d'inégalités si effarantes qu'elles remettent en cause la notion de démocratie. Le loup responsable du productivisme qui menace la vie humaine sur cette planète.

Pour autant estime Annie Coll, le règne de Hobbes peut bien s'écrouler "Nous avons en nous toutes les qualités nécessaires à une société de partage et d égalité. Le système économique libéral se fonde sur un tout puissant socle idéologique. Il veut apparaître comme un horizon indépassable en s appuyant sur une prétendue nature humaine qu il prétend mauvaise et éternelle."



Jeudi 21 avril 2016, 18h30, librairie Planète Io :  Jérome Méar présente son livre "Remords"

Nous continuons d'encourager et de célébrer le monde du livre de notre région en invitant à nouveau nos voisins, les éditions de la rue nantaise, accompagnées de leur (avant) dernière parution, un polar, "Remords" et son auteur, Jérome Méar.

Du noir donc, et en pays malouin !


Éditions de la rue nantaise

Mardi 19 avril 2016, 18h, librairie Planète Io : rencontre avec Véronique Decker
 

Suite à la venue des sociologues Fabien Truong et Nicolas Jounin, la librairie s’interroge à nouveau sur les jeunesses des banlieues et invite Véronique Decker, institutrice et directrice d'une école à Bobigny, en Seine-Saint-Denis.
Avec la parution le mois dernier aux éditions Libertalia de « Trop classe ! Enseigner dans le 9-3 », elle témoigne avec enthousiasme, « sans pathos ni gémissement » précise-elle, de son quotidien d’enseignante plongée dans un environnement difficile « où les reculs sociaux sont d’une violence extrême ».
Devenu directrice d’école, Véronique Decker met en place la pédagogie Freinet pour permettre aux élèves d’avancer chacun à leur rythme, en coopérant les uns avec les autres, malgré
« le manque de tout, de livres, d’enseignants, de subventions, de formation ».
Elle conclue pourtant son « ouvrage » avec ces derniers mots vivifiants adressés aux jeunes enseignants :
« Syndiquez-vous, ne lâchez rien. J’encourage déjà tous les jeunes parents à les rejoindre dans des luttes pour transmettre à leurs enfants la fierté des victoires. Tous mes vœux vous accompagnent pour former de meilleures générations, capables enfin de changer le monde.
Nous organisons cette rencontre à l’initiative de Quentin, jeune étudiant rennais qui a souhaité donner une suite à sa lecture du livre de Véronique Decker.



Jeudi 24 mars 2016, 18h, librairie Planète Io : Temps de la poésie, avec Agathe Legrand

C'est une jeune poétesse de dix sept ans, pas sérieuse évidemment, qui viendra échanger et lire ses mots.
Son premier livre "Tache d'encre" a été édité l'année dernière aux éditions Baudelaire.


Lundi 21 et mardi 22 mars 2016, 18h, librairie Planète Io : Temps de la poésie, à la rencontre de la comédienne et poétesse syrienne Fadwa Suleiman

Nous recevons durant deux jours à la librairie Fadwa Suleiman, poétesse et comédienne syrienne, exilée politique en France depuis 2012, pour partager ses poésies et ses réflexions à propos de la Syrie.
Figure majeure du soulèvement populaire syrien elle n’hésite pas à camper sur une position pacifiste radicale et à plaider pour une révolution spirituelle : « je refuse les armes, je refuse la guerre. Ce sont les idées, la pensée qui doivent conduire les politiciens. Sinon on entre dans un cercle vicieux. »
Pour souvenirs, lors de funérailles de jeunes manifestants tués qui se transforment en manifestation le 2 janvier 2012 à Homs, Fadwa Suleiman, alaouite, mariée à un habitant de Homs, sunnite, prend la parole : « Je vais adresser un message aux minorités. Vous avez le droit d’aimer Bachar al-Assad mais vous n’avez pas le droit de nous tuer parce que nous ne vous tuons pas. Nous voulons la liberté et la dignité ».
Condamnée à mort par le régime, elle finit par fuir pour porter, ailleurs, loin, le combat avec ses mots :

"seule à la maison
au milieu de mes vêtements assise
avec ma valise
cette compagne des routes de l’errance
je lui raconte notre retour prochain […]
oui nous rentrerons
nous traverserons les rues et les villes
une fois encore
notre encre tracera les chemins
car notre encre est parfum et laurier […]
ô trônes de papier
ces chemins sont abreuvés du sang de mes frères
ils en sont ivres
et la terre n’oublie pas
elle les préservera
elle les glorifiera
elle les ressuscitera car un grain de blé
une fois semé
donne un épi de sept grains
à l’aspect identique
et au but unique
ô trônes de papier
coupez le grain de sa substance comme vous voulez
appelez-le ivraie si cela vous chante
l’univers qui vous écoute prend note
l’univers protège ses épis."

Un livre de ses poésies est paru en 2013 aux éditions Le Soupirail.





Extraits du livre de Fadwa Suleiman qui dit également ses textes.



 


Jeudi 17 mars 2016, 18h, librairie Planète Io : habiter le monde ; rencontre avec les auteurs de "Terre de partage - Accueillir à la campagne"

Discutons avec les sociologues et photographe, Jean-Marc Vanhoutte, Jean-Paul Ziegler et Chrystèle Gervais, de l’accueil paysan et de ces nouvelles manières de voir et d'envisager notre rapport aux zones rurales.

"Trois regards, ceux d’une femme photographe et de deux hommes sociologues, ont produit neuf portraits en images et en mots mettant en scène neuf histoires. Les portraits de ces hommes et de ces femmes, dont on ne parle pas dans les catalogues de publicité de l’agro-business-vacancier, sont des pionniers d’un autre monde où la rencontre, le bien vivre, le manger sain et l’apprentissage de la nature sont essentiels.

Ces histoires ne sont pas des contes. Au travers de leur parcours d’installation, nous découvrons les difficultés rencontrées et les doutes, mais surtout les réussites qui ont mené ces accueillants, acteurs ruraux et paysans, à concrétiser des projets souvent innovants d’accueil à la campagne. Dans une parole libre, ils décrivent leur vision d’un bien commun, ce monde agricole et rural qu’ils aspirent à sauvegarder. Ils nous racontent leur attachement à la terre, à la nature, les conversions bio pour nombre d’entre eux, ainsi que la richesse de l’association Accueil paysan en Ille-et-Vilaine.

Les photographies nous emmènent dans une campagne vivante, montrant le dynamisme de ces activités : production de jus de pomme, accueil d’enfants, balade en âne, cuisine d’herbes sauvages, gîte et camping à la ferme, ferme auberge, ferme pédagogique, maraîchage en circuits courts, paysan boulanger, élevage ovin, porcin ou bovin biologiques,… Les trois auteurs n’ont pas voulu poser un regard neutre et froid sur ce petit monde alternatif, appelé à se développer. Sans stigmatiser les agriculteurs conventionnels, les auteurs mettent en lumière ces accueillants, paysans et acteurs ruraux, choisissant ainsi de les soutenir. Avec eux ils ne veulent pas de terres mortes, ni la disparition des abeilles, des grenouilles ou du chant des oiseaux… Ils vous invitent à découvrir ces histoires d’accueil à la campagne, avec la terre en partage..."

"Terre de partage-Accueillir à la campagne" est paru en novembre 2014 aux éditions Autour du Lac.

la minuscule galerie a le plaisir de vous présenter :

"Szondi remix"
Ophélie Naessens

du 17 mars au 21 avril 
vernissage le jeudi 17 mars à 19h


Szondi remix convoque l’histoire et la mémoire visuelle de la théorie des pulsions. En 1947, Léopold Szondi, psychiatre d’origine hongroise, fonde les bases de l’Analyse du destin tandis que de l’autre côté de l’Atlantique, le film noir psychanalytique fait son apparition dans les salles obscures. 


la minuscule galerie
chez Planète Io
7, rue Saint Louis
35000 Rennes
06.11.16.75.25
laminuscule.galerie@gmail.com

laminuscule.blogspot.fr
Planete Io sur FB


Mercredi 16 mars 2016, 19h, bar le Panama (28 rue bigot de Préameneu, Rennes) : avec le collectif Place à Défendre, discutons des politiques d'aménagement de la métropole de Rennes

Dans le cadre du cycle Mainmise sur la ville : à qui profitent les nouvelles transformations urbaines le collectif Place A Défendre! (PAD) et la librairie vous convient à une soirée présentation-diaporama-débat :
                            
                  « Rennes – Destination Business »

À qui profite le centre des congrès d’affaires place Sainte-Anne ?
Comment les promoteurs passent à l’attaque ?

C'est une de ces idées reçues volontiers défendues et martelées par les dirigeants politiques et les élus locaux : les grands projets urbains créent de l'emploi. Ils seraient même la recette miracle pour relancer la croissance et réduire le chômage, et par là même, obtenir le consentement des populations déstabilisées par la précarité.
Les exemples de ce chantage à l'emploi, qui fait fi des préoccupations sociales et écologiques, sont multiples. Les campagnes des lobbys qui voudraient un aéroport à Notre Dame des Landes en sont une l'illustration évidente. A Rennes, les exemples ne manquent pas non plus du Centre des Congrès d'Affaires au quartier d'affaires EuroRennes (« EuroRennes, un potentiel de 7000 emplois »), en passant par le centre commercial Rive Ouest à Pacé censé permettre "la création de 300 emplois directs ».
La captation de l'argent public par des grands groupes privés serait donc bonne pour l'emploi? L'analyse des données économiques du Centre des Congrès d'Affaires de la place Sainte-Anne démonte l'imposture. Le collectif Place à défendre démontre que loin de créer des emplois, les transformations en cours dans le quartier Sainte-Anne détruisent directement et indirectement de l'emploi stable à la fois dans le secteur marchand et dans le secteur public. L'analyse économique met alors à jour les véritables enjeux de l'opération conduite à l'emplacement du couvent des Jacobins pour le plus grand profit de la firme Vinci et des promoteurs qui font main basse sur la ville.

 
Mercredi 09 mars 2016, 18h, Maison Internationale de Rennes (7, quai Chateaubriand) : discussions avec Fanny Bugnon à propos de son essai "Les Amazones de la terreur" (éditions Payot, mars 2015)


Fanny Bugnon, enseignante à l'université de Rennes II, propose une réflexion de fond sur le sujet encore tabou de la violence politique des femmes au sein des mouvements révolutionnaires radicaux entre les années 70 et 90. 
Points d'interrogation : la violence, ses causes, sont-elles toujours justes, les violences sont-elles sexuées ?
Fanny Bugnon annalyse et fait se croiser la pensée issue des mutations du militantisme de l'après-68 et l'essor de la deuxième vague féministe
.




Vendredi 04 mars 2016, 18h, Maison Internationale de Rennes (7, quai Chateaubriand) : autour de Bell Hooks et son fameux "Ain’t I a Woman ?"

En 1851, Sojourner Truth, une ancienne esclave afro-américaine et militante de l’abolition de l’esclavage, prononçait son fameux discours Ain’t I a Woman? (Ne suis-je pas une femme?) devant la Convention des droits de la femme de l’Ohio, interpellant féministes et abolitionnistes sur les diverses oppressions subies par les femmes noires : oppressions de classe, de race, de sexe.
Héritière de ce geste, Bell Hooks décrit dans ce livre devenu un classique les processus de marginalisation des femmes noires et met en critique les féminismes blancs et leur difficulté à prendre en compte les oppressions croisées. Un livre majeur du « black feminism » enfin traduit plus de trente ans après sa parution ; un outil nécessaire pour tous à l’heure où, en France, une nouvelle génération d’afro-féministes prend la parole.
Le livre est paru en 1981 aux États-Unis, et traduit en septembre 2015 aux éditions Cambourakis.

Discutons de la pensée de Bell Hooks, et de la portée contemporaine de son livre, en compagnie d'Isabelle Cambourakis, son éditrice française, et un collectif rennais afroféministe, Les Peaux Cibles.

Bell Hooks
/ Les Peaux Cibles sur Facebook / Entretien avec Isabelle Cambourakis



Samedi 27 février 2016, 15h, librairie Planète Io : à propos des terre-neuvas

À la librairie, ce samedi à partir de 15h, nous recevons Francis Vallée qui présente son récit autobiographique : "Au temps des derniers navires dorissiers" (éditions Yellowconcept, décembre 2015). 
Témoignage tout à fait passionnant sur ces "piffards", dont il partage et dépeint la vie à bord des morutiers ; capitaines, patrons de doris, novices, saleurs, cuisiniers partis souvent la moitié d'une année pêcher la morue, au large du canada sur les doris, bateaux à fond plat de taille relativement modeste (5 à 6m) idéals pour deux personnes travaillant autour du "chalutier". 
Francis Vallée fut bien l’un d’entre eux, de ces marins qui partaient au large du Québec, vers "Terre-Neuve et ses eaux lointaines où tant de marins - Bretons en grand nombre - ont travaillé, trimé des heures durant, souffert, péri en grand nombre aussi".



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Il y a aussi un autel à écailles
de
Armel Barraud


du 6 février au 12 mars
vernissage "retour de marché" le samedi 6 février à 13h00
le site d'Armel Barraud : http://www.armelbarraud.com/fr/travaux/


Mercredi 27 janvier 2016, 19h, Maison Internationale de Rennes (7, quai Chateaubriand) : débat avec le sociologue Jean-Pierre Garnier

Dans la suite de nos interrogations concernant "les politiques de la ville" , nous participons avec, et à l’initiative du collectif place à défendre, à la venue du sociologue Jean-Pierre Garnier qui examine les phénomènes de gentrification et d'embourgeoisement des villes.

http://1libertaire.free.fr/JPGarnier03.html


Mardi 19 janvier, 18h, IEP de Rennes, et mercredi 20 janvier 2016, université de Rennes II : discussions avec Jean-loup Amselle


Invité
au mois d'aout 2015 des 16ème Rencontres d'Été de la librairie l'anthropologue Jean-Loup Amselle se propose de confronter à nouveau ses idées avec vous lors de réunions informelles (entendre, non universitaires malgré les lieux de réunions disponibles !).
Il ne s'agit pas d'abattre ou de conforter la "figure tutélaire" de l'intellectuel mais bien de mettre en présence, nous l'espérons, différents mode de pensées et d'intiatives.
JLA est d'abord reçu mardi 19 janvier à 18h par les étudiants de l'association Ysegoria à l'IEP de Rennes.
Le lendemain, mercredi 20 janvier, également à 18h, c'est avec les étudiants du BDE de sociologie de Rennes II que JLA engagera sa pensée.
En marge de ces deux évènements, c'est-à-dire la journée du mercredi, vous pouvez venir discuter avec JLA qui, en costume de ville, tiendra permanence à la librairie, transformée pour l'occasion en agora...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Loup_Amselle

http://www.radio-univers.com/jean-loup-amselle-il-ny-a-pas-de-francais-de-souche/

RenseignementS : 06 89 01 37 82


Mardi 12 janvier 2016, 18h, librairie Planète Io : rencontre avec le sociologue Fabien Truong

Suite à notre rencontre au mois de mars (en partenariat avec le Bde sociopate de Rennes II) avec le sociologue Nicolas Jounin et son ouvrage "Voyage de classes-Des étudiants de Seine-Saint-Denis enquêtent dans les beaux quartiers" (La Découverte, 2014), nous poursuivons nos discussions sur les banlieues et ses jeunesses en invitant à nouveau un sociologue, Fabien Truong, professeur à l'universite de Paris VIII, qui vient de publier "Jeunesses françaises-Bac + 5 made in banlieue" (La Découverte, 2015).

http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Jeunesses_fran__aises-9782707186881.html

la minuscule galerie a le plaisir de vous présenter

Peau d'ours
de
Agathe Halais
 

du 23 12 2015 au 27 01 2016


la minuscule galerie
chez Planète Io
7, rue Saint Louis
35000 Rennes
06.11.16.75.25
laminuscule.galerie@gmail.com


* Jeudi 7 janvier 2016, à partir de 18h15, à la librairie : débat avec le philosophe Alain Brossat à propos de l'ouvrage collectif qu'il coordonne : "Je suis Charlie, ainsi suit-il..." 
  
Alain Brossat vient présenter et discuter de « Je suis Charlie, ainsi suit-il… », écrit par un collectif sous sa direction, et paru aux éditions de L’Harmattan en octobre 2015 :
"L’un des traits majeurs de la situation nouée en France au lendemain des attentats de janvier 2015 fut le rassemblement presque unanime du peuple sous la houlette du gouvernement. Ce livre collectif s'attache, avec le recul nécessaire, à analyser la face cachée de ce moment inédit de notre histoire politique et critique le trait intolérant de cet attroupement : pendant quelques semaines, il n'a pas fait bon de ne pas être Charlie."






* Jeudi 17 décembre, à partir de 18h30, à la librairie : avec Jacques Lescoat géographe et écrivain pour son livre "Une aventure rennaise"

Rencontre avec le géographe et ex-Directeur Adjoint des services de la ville de Rennes Jacques Lescoat autour de son dernier ouvrage « Une aventure rennaise », paru en 2015 aux éditions FinisterrE et dont voici la quatrième de couv’ :

"Une aventure est plutôt liée à des voyages et l’auteur s’est souvent attaché à décrire une part de ses propres aventures à travers ses carnets de voyages… Mais ici, c’est une toute autre aventure que Jacques Lescoat vous propose. A savoir sa traversée – car cela en fut réellement une – dans les services de la Ville de Rennes notamment de 1979 à 1987, un temps où tout se redessinait si vivement pour préparer la ville d’aujourd’hui. Dans ce cadre, l’auteur, alors Directeur Adjoint des services, a souhaité indiquer ce qui a été le rôle souvent occulté de l’administration. Il le fait simplement à travers sa propre expérience et ses propos ne sont pas exempts de bien des anecdotes qui ont pu avoir une influence marquée pour la ville ! Mais cette part consacrée à ce Rennes qui se faisait, sert à l’auteur pour évoquer aussi ce que peut être cette ville demain. C’est d’ailleurs peut-être l’intérêt principal de cet ouvrage que de lier toujours le passé récent à l’avenir un peu plus lointain… L’aventure vécue par l’auteur est dans ce sens aussi celle d’une ville. Une aventure qui continue !"


* Samedi 12 décembre, à partir de 18h, au bar-restaurant le Knock (48 rue de St Brieuc, 35000 Rennes) : dîner de noël swing et poétique

À l'instar du fameux arbre de noël propre au monde de l'entreprise, nous aussi organisons chaque année un repas festif de fin d’année.
Pour autant, il ne s'agira pas qu'agape et ingurgitement de boissons diverses et variées, même si l'apéritif malgré la mornitude du temps présent demeure offert par la librairie.
C'est bien The Planet Jazz Band * qui remplira le sympathique Knock du swing du jazz et accompagnera parfois les textes de l’artistE Cécile Prunet dits par Bernard Lelu.
Également de la party : l'accordéoniste Marie-jeanne Goguet !

*
Philippe Carré : saxophone
Bernard Chardevel : guitare
Loic Hosserel : contrebasse
Philippe Patrie : batterie


* Jeudi 10 décembre, à partir de 18h30, à la librairie : quelle place pour la radio aujourd'hui ?

Nous choisissons ce jeudi de discuter de la présence et du dynamisme toujours d'actualité de la radio qu’elle soit diffusée via internet ou par voie hertzienne. Nous avons donc sélectionné trois livres emblématiques qui racontent l'histoire et les enjeux de ce média :

- « Des radios pour se parler : les radios locales en France » de Robert Prot et Georges Fillioud paru à La Documentation française en 1985
- « Le dictionnaire de la radio", du même Robert Prot (Presses Universitaires de Grenoble, 1999)
- « Petite contribution à l'histoire de la radio » de Jean-Jacques Ledos, publié par L'Harmattan en 2012

Le débat va s'organiser avec les contributions de trois "praticiens" de radios associatives rennaises (Matthieu, Gabrielle et Glen) auxquels viendra s'adjoindre un représentant d'Acrimed (Joseph), plate-forme vivace de critique des médias contemporains.
Nous recevrons également Jocelyne Tournet-Lammer, qui, tout en travaillant au sein de l'Ina et de l'Ortf, s'est toujours attachée à retracer et « patrimonaliser » l’histoire de la radio, en participant notamment aux fameux Cahiers d’Histoire de la Radiodiffusion.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jocelyne_Tournet-Lammer
http://www.acrimed.org/
http://cohira.fr/category/bibliographie/
 


* Mercredi 9 décembre, à 20h, au Bar Le Panama, 28, rue Bigot de Preameneu (Rennes) : projection suivie de discussions du film "Mainmise sur les villes" (2015) de Claire Laborey et Marc Evreux

Nous participons, avec le collectif Place À Défendre, à la création d'un espace de réflexion sur les transformations à l'oeuvre dans les villes à l'instar des phénomènes de gentrification notamment.
Réalisé par Claire Laborey et Marc Evreux en 2015 le film rend bien compte de ces profonds changements qui opèrent au sein d'espaces urbains globalisés :

"Ces dernières années, partout en Europe, des milliers d'habitants sont descendus dans la rue pour remettre en cause la représentation politique, mais aussi défendre le droit à l'espace urbain. L'hyperurbanisation à coup de bulldozer et les expropriations massives imposées par les autorités publiques stambouliotes expliquent en partie la révolte de la place Taksim. Plus près de nous, l'installation d'un Ikea dans le centre-ville de Hambourg ou la construction d'un gigantesque centre commercial, portée par Auchan pour le projet du Grand Paris, arrangent les pouvoirs publics, qui n'ont plus les moyens d'investir dans l'espace urbain. Ces exemples charrient leur lot d'interrogations sur l'état de la démocratie urbaine aujourd'hui : comment la ville se transforme-t-elle et quelle place y occupent les citoyens ? Les habitants ont-ils leur mot à dire face aux technocrates, politiques, urbanistes et promoteurs qui façonnent les métropoles ? Les pouvoirs publics sont-ils toujours garants d'une ville ouverte et accessible ?"

http://place-a-defendre.blogspot.fr/p/place-defendre.html?view=classic


* Jeudi 3 décembre, à partir de 18h30, à la librairie : rencontre avec les éditions Diabase et deux des ses écrivains


Nous recevons en effet deux écrivains édités chez Diabase, l’une grecque, l’autre français, qui racontent chacun à leur manière l’exil, le départ, l’émigration. Cypris Kophidès, née d'un père grec et d'une mère française, présente « L’enfant de Trébizonde » (éditions Diabase, 2015), récit d’un vieil homme qui emprunte les chemins de la poésie et du théâtre pour recomposer le puzzle d’une vie, la sienne, de Trébizonde à Thessalonique, de Thessalonique à Toulouse… 
Avec « L’Été de l’exode » (éditions Diabase, 2015), Gérard Prémel, français, né à Paris, traduit le regard saisissant d’un enfant qui quitte « la banlieue rouge » avec sa mère pour se réfugier dans un « ailleurs géographique et culturel » : Brest !
http://www.diabase.fr/


* Jeudi 26 novembre, à partir de 18h30, à la librairie : rencontre entre lecteurs autour du livre "Visages de la crise, nous gens du sud, pauvres et fainéants" (Éditions Buchet Chastel, octobre 2015)

Elles s'appellent Céu, Mónica ou Irini ; ils se nomment José Salsa, José Roldán, Salvatore, Stefano ou Toly. Ils ont en commun, eux que l'on croyait passifs, plus tentés par la siesta, la dolce vita et le farniente, de réagir avec une surprenante vigueur aux plans d'austérité dont on les accable.

Les huit témoignages réunis dans cet ouvrage par un collectif de quatre journalistEs sont significatifs et symboliques de la crise, complexe et dramatique, traversée par les pays du sud de l’Europe ces dernières années. Cette vivante galerie de portraits, qui va de l’agriculteur espagnol à l’enseignante grecque, montre qu’ils se battent et résistent, maltraités par une Europe libérale « qui se montre si peu solidaire et si peu protectrice, et qui finalement ne sert à rien ». À découvrir…


http://www.franceinter.fr/emission-un-jour-dans-le-monde-visages-de-la-crise-nous-gens-du-sud-pauvres-et-faineants

la minuscule galerie a le plaisir de vous présenter
TransfORmée
de
Nine Antico


du 7 novembre au 10 décembre 2015

la minuscule galerie
chez Planète Io
7, rue Saint Louis
35000 Rennes
06.11.16.75.25
laminuscule.galerie@gmail.com


* Jeudi 19 novembre, à partir de 18h30, à la librairie : rencontre entre lecteurs autour du numéro 2 de la revue "Le Crieur"

Le sommaire de ce numéro 2 : http://www.revueducrieur.fr/

* Lundi 19 octobre, à partir de 18h00, à la librairie : présentation du #9 de la revue Z par ses auteurEs, même.

L'excellente revue Z, d'investigation à tous les étages, vous convie à venir discuter de son dernier numéro dont voici le sommaire : 

"Une maison sur la colline de Jolimont, à deux pas de l’Observatoire de Toulouse, où logeaient autrefois les savants occupés à scruter les étoiles dans le ciel. Au début de l’ère numérique, l’Observatoire s’est fait voler la vedette par une kyrielle de satellites. Désertée par les astronomes, la belle maison bourgeoise baptisée l’Obs est habitée par une joyeuse bande de squatteuses féministes qui ont accueilli les rédacteurs de Z, en majorité rédactrices d’ailleurs, et même leurs bébés.
Dans la ville comme dans la science, les ingénieurs ont pris le pas sur les astronomes. À l’heure du déjeuner, ils se transforment en joggeurs fous qui remontent la rue devant la maison de l’Obs, transpirants, haletants, en vêtements fluo. Entre deux footings, ils cherchent. Car si l’époque a des problèmes, les scientifiques ont des solutions. Dans les labos toulousains s’inventent des robots pour tenir compagnie aux personnes âgées, d’autres pour entretenir les champs de maïs, des implants pour faire entendre les Sourds et des capteurs pour connaître le flux d’une rivière en temps réel. Étrange comme les univers de la science-fiction deviennent réalité sous nos yeux, année après année, sans que personne ne semble particulièrement l’avoir voulu.
Et alors même que la mise en œuvre de toutes ces idées nécessite toujours plus de ressources naturelles, d’usines et d’énergie, tout en ne cessant d’augmenter la quantité de marchandises en circulation, c’est sur l’innovation technologique que mise la prochaine conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), organisée en France. Ceux qui créent le désastre – au hasard, Renault, Air France, LVMH ou Suez Environnement, parmi les partenaires officiels de la COP21 – sont missionnés pour résoudre l’équation impossible de la croissance « soutenable ». La politique est engloutie sous la quincaillerie qui prétend sauver le monde et réduire les inégalités sociales et qui, globalement, fait l’inverse tout en se faisant appeler progrès. Mais, autant que ces entreprises prédatrices et leurs profits insolents, ce qui nous met aujourd’hui directement en danger, c’est cette croyance si partagée que la technologie pourrait résoudre le problème par elle-même. La foi dans la promesse sans cesse renouvelée de lendemains qui chantent, malgré les dégâts des étapes précédentes. Nous sommes allés rencontrer les gens derrière ce mirage : ceux qui imaginent les nouvelles trouvailles, celles et ceux qui sont censés les utiliser ou qui triment dans l’ombre pour les fabriquer.
Pour nous, entre deux entretiens, vient la quête de la prise où brancher les ordinateurs portables, ces machines affamées de courant que nous trimballons sans cesse. Comme d’autres, nous cherchons à limiter l’emprise des nouvelles technologies sur nos vies – et nous n’y arrivons qu’à moitié. Raison de plus pour ne pas nous laisser déposséder de nos choix, dans les couloirs des labos toulousains comme au grand spectacle des sommets internationaux. 
À Toulouse, sur les routes du Tarn et jusqu’à Bangalore et San Francisco, nombreux sont les lieux où s’inventent d’autres rapports à la technique, qui pourraient venir casser la morne hégémonie de la technopole." 

Le blog médiapart de la revue